Les logiciels de caisse pour restaurateurs — Lightspeed, L'Addition, Innovorder, Tiller — gèrent au quotidien le service, les tickets, les ventes en ligne. À partir de septembre 2026, il faut y articuler une Plateforme Agréée pour l'e-reporting et les rares factures B2B. Voici comment.
Restauration : quels flux factures ?
Flux 1 — Ventes B2C aux clients
Ce sont 99 % des transactions : un client paie son repas, le logiciel de caisse imprime un ticket (et pas une facture). Pas de facture électronique à émettre.
Mais : votre Plateforme Agréée doit faire de l'e-reporting vers la DGFiP avec un récapitulatif chiffré : CA, TVA collectée par taux (5.5 % / 10 % / 20 %), nombre de tickets.
Flux 2 — Ventes B2B (entreprises clientes)
- Repas de groupes, séminaires, événementiel
- Ventes en livraison à des entreprises
- Contrats traiteurs et prestations B2B
Ces transactions exigent une facture électronique structurée (Factur-X, UBL) via PA dès septembre 2026.
Flux 3 — Achats fournisseurs
Fournisseurs alimentaires, boissons, équipements : leurs factures arriveront sur votre PA réceptrice dès qu'ils émettront en structuré.
Comparatif des 4 leaders
Lightspeed Restaurant
Présentation : leader international (Belge/Canadien), couvre POS, click & collect, livraison, réservation.
Stratégie PA : Lightspeed annonce des connecteurs PA via son écosystème App Marketplace. Pas PA en propre.
Forces :
- POS robuste, multi-établissements
- Intégrations Uber Eats, Deliveroo natives
- Module facturation pro pour les comptes B2B
E-reporting : prévu via connecteur PA, à activer dans les paramètres comptables.
L'Addition
Présentation : éditeur français spécialisé brasseries et restaurants tradi.
Stratégie PA : partenariat annoncé avec une PA française pour la réception des factures fournisseurs et l'e-reporting B2C.
Forces :
- Interface adaptée au métier (plans de salle, fonds, additions)
- Gestion pourboires et notes serveurs
- Communauté française réactive
Action restaurateur : souscrire au module PA partenaire (souvent en option de l'abonnement).
Innovorder
Présentation : suite tout-en-un, forte sur la digitalisation (kiosques, click & collect, kitchen display).
Stratégie PA : intégration native avec PA pour les chaînes et franchises.
Forces :
- Multi-canal (sur place, à emporter, livraison)
- Reporting analytique poussé
- Adapté aux franchises et chaînes
E-reporting : automatisé via la couche centrale Innovorder.
Tiller (SumUp)
Présentation : caisse tablette, rachetée par SumUp en 2021.
Stratégie PA : SumUp (maison-mère) n'est pas PA à ce jour (cf. notre article SumUp). Une intégration PA est annoncée mais le périmètre reste à clarifier.
Forces :
- Tarif accessible
- Hardware iPad simple
- Adapté aux petites brasseries et coffee shops
Action restaurateur : suivre l'annonce SumUp / Tiller mi-2026 et prévoir une PA externe en backup.
Tableau comparatif
| Outil | Cible | PA en propre | Module PA | E-reporting | Note |
|---|---|---|---|---|---|
| Lightspeed | PME / chaînes | ❌ | ✅ App Marketplace | ✅ via connecteur | Top mid-market |
| L'Addition | TPE / PME | ❌ | ✅ Partenaire | ✅ | Top France indé |
| Innovorder | Chaînes / franchises | ❌ | ✅ Intégré | ✅ | Top digital |
| Tiller (SumUp) | TPE / coffee shop | ❌ | 🟡 Annoncé | 🟡 | Suivre l'évolution |
Cas d'usage concrets
Cas 1 — Brasserie de quartier, 1 caisse
CA 600 K€ B2C exclusivement.
Solution : L'Addition + module PA partenaire (~30 €/mois). E-reporting automatique. Aucune action manuelle.
Cas 2 — Restaurant gastronomique, séminaires & traiteur
CA 1.5 M€ dont 30 % en B2B (séminaires, traiteur événementiel).
Solution : Lightspeed Restaurant + connecteur PA spécialisée B2B (Pennylane, Generix). Le POS sert les ventes en salle, le module factures pro émet vers la PA pour les comptes B2B.
Cas 3 — Chaîne fast casual, 8 établissements
CA 8 M€ multi-établissements, click & collect, livraison plateformes.
Solution : Innovorder + intégration PA centralisée. E-reporting consolidé multi-établissements via API.
Cas 4 — Coffee shop avec Tiller
CA 350 K€ B2C exclusivement.
Solution : suivre l'évolution Tiller/SumUp mi-2026. Si pas de solution claire d'ici juillet 2026, basculer sur L'Addition ou prendre une PA externe légère avec saisie manuelle des ventes B2B exceptionnelles.
E-reporting B2C : ce que transmet votre PA
Pour les ventes B2C, votre PA transmet à la DGFiP, généralement chaque semaine (ou tous les jours selon régime) :
- Chiffre d'affaires HT par taux de TVA
- Montant TVA collectée par taux
- Nombre de transactions (équivalent du nombre de tickets)
- Données géographiques si OSS (pour livraisons internationales)
Pas besoin de transmettre ticket par ticket : c'est un agrégat. Mais le logiciel de caisse doit fournir les données agrégées correctement classées.
Erreurs fréquentes
Croire que le ticket suffit pour le B2B
Si un client pro vous demande une facture (séminaire, repas d'affaires remboursé), un ticket Z ne suffit pas. Il faut émettre une facture électronique via PA dès septembre 2026.
Ne pas paramétrer les taux de TVA
Le menu d'un restaurant a souvent plusieurs taux : 10 % sur place, 5.5 % à emporter, 20 % alcool. Mal paramétrer le POS = e-reporting faux = redressement potentiel.
Sous-estimer les volumes pour grandes brasseries
Une grosse brasserie peut faire 500 tickets/jour. Le module PA doit supporter le volume d'agrégation sans saturer.
Oublier les factures fournisseurs
Vos fournisseurs (alimentaire, boissons) émettront en Factur-X dès 2026-2027. Votre PA doit les recevoir et alimenter votre logiciel comptable. C'est un gain de temps majeur.
En résumé
- Le B2C (99 % du CA) ne génère pas de factures mais déclenche l'e-reporting via PA
- Le B2B (séminaires, traiteur, comptes pros) impose la facture électronique structurée dès 2026
- L'Addition : top choix pour restaurants indépendants français
- Lightspeed : top mid-market et multi-établissements
- Innovorder : top chaînes et franchises avec digital
- Tiller (SumUp) : suivre annonce 2026, prévoir backup
- Paramétrer correctement les taux de TVA est la condition de l'e-reporting fiable